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Sortir · Le West End

The Book of Mormon à Londres : la comédie musicale des créateurs de South Park au Prince of Wales Theatre

Deux missionnaires mormons envoyés en Ouganda : l'histoire de The Book of Mormon, de South Park à Broadway, ce qu'on y voit, pour qui, l'anglais, le Prince of Wales Theatre et les billets.

La rédaction,

La salle du Prince of Wales Theatre vue du balcon avant The Book of Mormon : rideau de nuages et cadre de scène orné de vitraux, spectateurs qui s'installent
© APK, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Depuis 2013, deux jeunes missionnaires mormons partent chaque soir convertir un village d’Ouganda sur la scène du Prince of Wales Theatre, à deux pas de Piccadilly Circus. The Book of Mormon, signé par les créateurs de South Park, est sans doute la comédie musicale la plus irrévérencieuse du West End : voici ce qu’il faut savoir avant de réserver.

Dixième fiche de notre série sur les spectacles du West End, après Les Misérables, Mamma Mia !, Le Roi Lion, Moulin Rouge !, Wicked, Paddington, Hamilton, The Devil Wears Prada et Cabaret. Pour l’histoire du genre, lire aussi notre histoire du West End et de la comédie musicale.

De South Park à Broadway

L’idée naît en 2003, à New York. Trey Parker et Matt Stone, les auteurs de South Park, vont voir Avenue Q, la comédie musicale à marionnettes alors à l’affiche, et rencontrent après la représentation ses auteurs, Robert Lopez et Jeff Marx. Les deux duos découvrent qu’ils rêvent chacun d’écrire sur Joseph Smith, le fondateur de l’Église mormone, que South Park avait déjà mis en scène la même année. Jeff Marx quitte le projet en 2006 ; restent trois auteurs pour le livret, la musique et les paroles. Robert Lopez signera plus tard les chansons de La Reine des neiges.

The Book of Mormon est créé à Broadway, au Eugene O’Neill Theatre, le 24 mars 2011, dans une mise en scène de Casey Nicholaw et Trey Parker. Il remporte neuf Tony Awards la même année, dont celui de la meilleure comédie musicale. Londres l’accueille au Prince of Wales Theatre à partir du 25 février 2013 ; l’année suivante, il obtient quatre Laurence Olivier Awards, dont celui de la meilleure nouvelle comédie musicale. Interrompu de mars 2020 à novembre 2021 par la pandémie, il n’a pas changé de salle depuis.

Ce que vous verrez

Elder Kevin Price, missionnaire ambitieux et sûr de lui, rêve d’être envoyé à Orlando, en Floride. Il hérite de l’Ouganda et d’un équipier, Elder Arnold Cunningham, maladroit et fabulateur. Sur place, le village qui les accueille a d’autres soucis que la religion : la famine, la maladie et un chef de guerre qui terrorise la région. Les deux garçons doivent pourtant baptiser quelqu’un. Nabulungi, la fille du chef du village, sera la première à les écouter. On ne vous dira pas comment Cunningham s’y prend pour la convaincre : c’est le ressort de la seconde partie.

Le spectacle s’ouvre sur « Hello ! », le porte-à-porte des missionnaires mis en musique ; suivent notamment « You and Me (But Mostly Me) », « Turn It Off » et « I Believe », les chansons que le public connaît le mieux. L’Église mormone a choisi de répondre par l’humour : elle a acheté des pages de publicité dans les programmes, avec ce slogan : « Vous avez vu la pièce, lisez maintenant le livre. »

Pour qui, et faut-il bien parler anglais ?

Le théâtre affiche un avertissement parental pour langage explicite : jurons, blasphèmes et sexe sont au cœur de l’humour, comme dans South Park. Les moins de 3 ans ne sont pas admis et les moins de 16 ans doivent être assis à côté d’un adulte ; la presse spécialisée recommande le spectacle à partir de 17 ans. La production comporte aussi des lumières stroboscopiques et des coups de feu. C’est une sortie entre adultes, pour ceux que la satire ne choque pas.

L’anglais compte davantage que dans Mamma Mia ! : les chansons sont bavardes, les jeux de mots rapides, et une partie des rires vient de l’accent américain et des références à l’actualité, que la troupe adapte au public londonien. Une aide existe : l’application GalaPro propose à chaque représentation des sous-titres et une audiodescription sur téléphone. Si vous avez déjà vu un épisode de South Park en version originale, vous savez à quoi vous attendre.

Le Prince of Wales Theatre

La salle ouvre en janvier 1884 sous le nom de Prince’s Theatre, œuvre de l’architecte C. J. Phipps, et prend dès 1886 le nom du futur Édouard VII. Le bâtiment actuel est dessiné par Robert Cromie : la chanteuse Gracie Fields en pose la première pierre le 17 juin 1937 et il ouvre le 27 octobre de la même année. Le lien avec la France est dans son premier programme : la salle neuve ouvre avec une revue intitulée Les Folies de Paris et Londres, et ses revues à la française lui valent pendant des années le surnom de « Folies Bergère de Londres ».

Barbra Streisand y joue Funny Girl en 1966. Après une rénovation menée par Delfont Mackintosh, le théâtre rouvre en 2004 avec Mamma Mia !, qui y reste jusqu’en 2012 avant de partir pour le Novello. La salle, classée au grade II, compte environ 1 160 places sur deux niveaux. Elle donne sur Coventry Street, entre Piccadilly Circus et Leicester Square : le Piccadilly Theatre de Moulin Rouge ! est à cinq minutes, et Covent Garden et Seven Dials à un quart d’heure à pied.

Billets : combien et comment

Il y a huit représentations par semaine : du lundi au samedi à 19 h 30, avec deux matinées le jeudi et le samedi à 14 h 30 ; les horaires changent pendant les fêtes de fin d’année. Official London Theatre annonce des places à partir de 23 £ ; le théâtre ne donne pas de fourchette et invite à vérifier chaque date. En réservant plusieurs semaines à l’avance sur le site de Delfont Mackintosh, les frais de réservation sont offerts. Les réservations sont ouvertes jusqu’au 20 mars 2027. Comptez 2 h 20, entracte de 15 minutes compris : la soirée finit vers 21 h 50. Pour le métro, descendez à Piccadilly Circus ou à Leicester Square.

Sources

Dans le quartier

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