Bavure policière à Londres ?
Article publié le 30 juin 2022. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Impossible aujourd’hui de ne pas être familier avec cette expression. Les bavures policières font les gros titres de l’actualité internationale (notamment aux USA) et française, surtout à l’époque des manifestations des gilets jaunes.
Des questions qui sont également d’actualité à Londres, après un jugement de la Cour à propos d’une altercation entre des policiers et Edwin Afriyie, “black social worker” habitant à Londres. Selon elle, les policiers auraient menti concernant la nécessaire utilisation d’un taser électrique sur l’homme en question qui ne présentait aucune menace au moment des faits, déroulés en 2018.
Récapitulatif des faits
Grâce à une caméra portée par l’un des policiers, une analyse de la scène peut être faite facilement compte tenu de la vidéo disponible dans un article du Guardian. Tout part d’une simple arrestation d’Edwin Afriyie pour excès de vitesse, suivi d’un éthylotest que les policiers lui font passer. Après des résultats insuffisants, l’homme est en état d’arrestation. Ce dernier refuse de coopérer, soutenant que l’un des officiers lui aurait demandé d’arrêter de souffler. La tension monte lorsque des renforts rappliquent. A ce moment là, un taser est pointé sur l’homme. On lui demande de garder les mains sur sa tête, et Edwin Afriyie qui, selon la vidéo, ne montre apparemment aucune tentative de violence ou de fuite, est tasé au niveau de la poitrine.
Des versions opposées
En regardant la vidéo, on voit qu’Edwin avait les bras croisés et se tenait à distance des agents de polices. Ces derniers ont affirmé dans des déclarations écrites qu’Afriyie « s’était préparé à attaquer les agents » et avait adopté une « position de combat ». Examiné par un médecin, cette attaque lui aurait causé une blessure à la tête ainsi que des répercussions psychologiques, puisqu’il présenterait des syndromes de stress post-traumatique, et selon Edwin Afriyie des tendances suicidaires.
« J’ai toujours été un homme noir fier et fort. Maintenant, je remets en question tout ce qui concerne mon apparence et mon identité.”
Déclare t-il au tribunal.
David Hughes, représentant Afriyie devant les cours royales de justice de Londres mercredi, a déclaré que les agents ont menti à plusieurs reprises dans leurs déclarations pour justifier le Taser lors des faits. « Aucune personne honnête ne pourrait décrire M. Afriyie comme se préparant à attaquer qui que ce soit », a-t-il déclaré.
La police est censée utiliser des pistolets Taser lorsqu’il y a une forte menace de violence. Un usage abusif est par conséquent très grave.
Un sujet qui pousse à la réflexion, autant d’un point de vue social que politique et juridique : jusqu’où l’usage de la force peut-il être justifié ? Où commencent et où s’arrêtent les droits du citoyen face aux forces de l’ordre ? Comment poser les limites de la violence illégitime ?