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Actu franco-britannique · À la une

Pourquoi Londres Mag revient en octobre 2026

Mensuel papier tiré à plus de 20 000 exemplaires de 2017 à 2020, arrêté net par le Covid, Londres Mag rouvre. Portrait de son fondateur, Jean Viry-Babel, et de ce que le magazine promet aux francophones de Londres au moment où la ville repart.

La rédaction,

Jean Viry-Babel, fondateur et directeur de la publication de Londres Magazine
Londres Magazine

Pendant trois ans, de 2017 à 2020, Londres Mag a été un objet que l’on tenait entre les mains : un mensuel gratuit, tiré à plus de 20 000 exemplaires, que l’on ramassait à St Pancras en descendant de l’Eurostar, sur le comptoir d’une boulangerie Paul ou des mains d’un distributeur à la sortie du métro. Le Covid l’a arrêté net au printemps 2020. Le site a tenu jusqu’en 2023, puis s’est tu. Le magazine revient aujourd’hui, en ligne, et le moment n’est pas choisi au hasard.

Un journal né des apéros

Jean Viry-Babel arrive à Londres en 2001. Il vient de la publicité et rejoint la City comme consultant en stratégie pour les banques. C’est la Londres d’avant 2016 : celle qui prépare ses Jeux olympiques, celle des start-up de Shoreditch, celle où les Français débarquent par trains entiers avec un CV et un matelas gonflable. On répète alors partout que Londres est la « sixième ville de France ». Le chiffre est faux, l’ambiance est vraie.

En 2011, une grave maladie lui est diagnostiquée. Il est greffé. Il quitte le monde des grandes entreprises pour celui des start-up, reçoit le prix de l’innovation des Franco-British Business Awards, puis fonde ou dirige plusieurs start-up internationales. Entre-temps, il a créé FrenchSquare et ses Apéros Entrepreneurs : plus de cent soirées, de dix à mille cinq cents participants, le premier jeudi du mois, dans la City. À l’époque, c’est le plus grand rendez-vous entrepreneurial francophone de Londres.

Londres Mag naît en 2017 de trois constats. Le référendum du 23 juin 2016 vient de faire de chaque francophone de Londres un cas à régler, et personne ne lui explique quoi faire dans sa langue. La communauté réunie aux apéros veut un média à elle. Et il n’existe pas, sur Londres, de magazine en français qui tienne la comparaison avec la presse britannique. Avec Laurent Colin, rédacteur en chef dès le premier numéro, Jean Viry-Babel monte une rédaction qui comptera jusqu’à quinze personnes, journalistes, pigistes et commerciaux. En trois ans, le titre publie plus de deux mille articles et réunit 50 000 abonnés sur Facebook et 76 000 sur Instagram.

Le Brexit, le Covid, le silence

Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne le 31 janvier 2020 ; dix mois plus tard, le marché unique. Entre les deux, le confinement vide la City, ferme les pubs et les boulangeries où le magazine se distribuait. Sans lieux, un journal gratuit n’a plus de lecteurs à atteindre. Le dernier numéro papier paraît au printemps 2020. Le site continue, à moindre rythme, jusqu’en 2023.

Beaucoup de francophones sont partis dans ces années-là. Ceux qui sont restés ont traversé une période grise : l’inflation, les loyers, les files d’attente à la frontière, le sentiment d’être devenus des étrangers dans une ville qu’ils avaient choisie. « Le journal n’a jamais été fermé. Il dormait, comme la ville », dit aujourd’hui Jean Viry-Babel, qui vit désormais entre Londres et la France.

Ce qui a changé

Les chiffres de l’année écoulée disent autre chose qu’un déclin. Eurostar a transporté vingt millions de passagers en 2025, un record. Londres a reçu 20,9 millions de visiteurs internationaux en 2024, contre 21,7 millions en 2019, son année de référence. Le consulat général de France a vu les inscriptions au registre repartir à la hausse en 2024 ; il compte 140 000 inscrits et estime à 300 000 les Français présents dans le pays.

La politique a suivi. Le 19 mai 2025, Londres et Bruxelles ont tenu leur premier sommet depuis le Brexit et se sont engagés à négocier un accord sur les produits agroalimentaires, l’accès aux portiques automatiques pour les Britanniques en Europe et, pour la première fois, un programme d’échange pour les jeunes. Cet accord n’est pas encore signé ; qu’il soit seulement négocié aurait paru impensable en 2020. En juillet 2025, Emmanuel Macron est venu en visite d’État et a annoncé avec Keir Starmer le prêt de la tapisserie de Bayeux au British Museum. Elle y est exposée depuis le 10 septembre 2026, pour la première fois depuis sa création il y a neuf siècles, et les billets sont déjà épuisés jusqu’à la fin de l’année.

Londres n’a pas retrouvé ses années folles. Les loyers n’ont pas baissé, la frontière existe toujours, et l’on ne s’installe plus ici sur un coup de tête. Mais le doute a changé de camp. La question n’est plus « faut-il rester ? » ; elle est redevenue « que faire de cette ville ? ». C’est la question à laquelle un magazine comme celui-ci sert à répondre.

Ce que le magazine vous doit

Un journal de qualité, en français, sur Londres. Cela tient en quatre engagements.

Des faits vérifiés. Chaque article cite ses sources en bas de page. Pour tout ce qui touche aux démarches, au consulat, aux impôts, à la santé ou à l’école, la source est officielle, ou l’article n’existe pas.

Pas de copie. Londres Mag ne recopie pas la presse britannique et n’emprunte pas les images des autres. Sans photo, l’article le dit et paraît avec une couverture maison.

Une rédaction qui dit comment elle travaille. Londres Mag revient avec une rédaction assistée par l’intelligence artificielle, pour la veille, la vérification et l’écriture, et dirigée par un humain qui signe et qui répond. Rien ne paraît sur l’actualité, la vie pratique ou une personne nommée sans que Jean Viry-Babel l’ait lu et validé. La charte qui fixe ce partage des rôles est publique. « Ce n’est pas un robot qui fait un journal, c’est un journal qui se sert d’un outil. La différence, c’est qu’il y a quelqu’un à qui écrire quand on n’est pas d’accord », résume-t-il.

Un rythme tenable. Plusieurs articles par jour, un agenda des sorties chaque semaine, une lettre hebdomadaire et des guides pratiques révisés chaque trimestre. Pas de production en masse, pas de titres racoleurs, pas de contenu sponsorisé déguisé.

Et maintenant

Vous trouverez ici quatre rubriques : Sortir, Culture francophone, Actu franco-britannique et Vie pratique. Vous retrouverez aussi près d’un millier d’articles de 2017 à 2023, remis en ligne avec la signature de ceux qui les ont écrits et leur date d’origine, et une série nouvelle, « Un jour, une vie », qui salue chaque jour un artiste francophone et ce qui le reliait à l’Angleterre.

Ce que le magazine vous demande en retour tient en une ligne : écrivez-lui. Un événement à annoncer, une erreur à signaler, une démarche que personne n’explique, un lieu que vous aimez. L’adresse est [email protected]. Londres Mag a été fait pour vous une première fois ; il sera fait avec vous la seconde.