« Revenez » : Macron prêt à accueillir le Royaume-Uni dans l'Union européenne
Le Premier ministre Andy Burnham met un retour dans l'UE parmi les options. Emmanuel Macron répond « Revenez », mais sans « choisir entre les libertés ». Ce qui a été dit, et ce qui ne change pas pour les Français de Londres.

Dix ans après le référendum, le mot est revenu dans le débat britannique. Andy Burnham, Premier ministre depuis l’été, a ouvert la porte à un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Le lendemain, à Madrid, Emmanuel Macron lui a répondu en un mot : « Revenez ».
Ce qu’a dit Andy Burnham
Lors de la conférence annuelle du Parti travailliste, fin septembre, le Premier ministre a annoncé qu’il présenterait des « options » pour la relation future avec l’Union européenne. Interrogé ensuite par la BBC, il en a cité quatre : garder le statu quo, entrer dans l’union douanière, rejoindre le marché unique, ou aller « jusqu’au bout », c’est-à-dire réintégrer l’UE. Il dit vouloir dégager un consensus sur l’une d’elles et estime que le Brexit a fait plus de mal que de bien.
Aucun choix n’est arrêté. Ces options doivent être présentées lors d’un sommet entre le Royaume-Uni et l’UE promis avant la fin de l’année. Ce sommet, prévu en juillet, avait été annulé après l’annonce de la démission de Keir Starmer ; aucune nouvelle date n’a été fixée.
À droite, Reform UK accuse le gouvernement de vouloir ramener le pays dans l’Union « par la porte de derrière ».
La réponse d’Emmanuel Macron
Le 30 septembre, en conférence de presse à Madrid avec Pedro Sánchez, le président de la République a été interrogé sur ces déclarations. Selon la transcription publiée par l’Élysée, il a jugé qu’un retour serait « une très bonne nouvelle » pour le Royaume-Uni comme pour les Européens, « si les Britanniques veulent revenir ». Il a salué « l’audace » du Premier ministre.
Il a aussi fixé une limite, celle qui encadre toute discussion avec Londres depuis 2016 : on ne peut pas « choisir entre les libertés de l’Union », ni prendre ce qui arrange en laissant le reste. Pendant cette visite d’État, il a aussi qualifié le Brexit de « plus grand mensonge des 30 dernières années ».
Le chef du gouvernement espagnol s’est dit lui aussi favorable à un retour, si les Britanniques le choisissent.
Une relation déjà en mouvement
L’échange intervient un mois après une visite d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni. Le 2 septembre, il a inauguré avec le roi Charles III l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum ; le lendemain, il s’est entretenu avec Andy Burnham de défense, d’énergie et de nucléaire civil, d’espace, du soutien à l’Ukraine et du Proche-Orient, selon l’Élysée.
Ce qui ne change pas pour les Français de Londres
Rien, pour l’instant. Il s’agit de déclarations d’intention, sans décision ni calendrier. Les règles du séjour restent celles de l’après-Brexit :
- les Français installés avant la fin de 2020 conservent leurs droits grâce au settled ou au pre-settled status ;
- ceux qui arrivent aujourd’hui ont besoin d’un visa pour s’installer, travailler ou étudier.
Un retour dans l’UE, ou même dans le marché unique, supposerait de longues négociations et, côté européen, l’accord des Vingt-Sept. Le premier rendez-vous à suivre est le sommet Royaume-Uni–UE annoncé pour la fin de l’année.
Nous faisons le point sur les règles en vigueur dans notre guide du settled et du pre-settled status.