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Actu franco-britannique

Royaume-Uni : Le chômage au plus bas depuis 1974 : toujours une fausse bonne nouvelle ?

La rédaction,

Article publié le 17 mai 2022. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Archives Londres Magazine

Le taux de chômage au Royaume-Uni n’avait jamais été aussi bas depuis 1974 qu’aujourd’hui. Cependant la flambée de l’inflation entraîne la plus forte baisse annuelle des revenus réels hors primes depuis 2013, selon les chiffres officiels publiés mardi 17 mai. Mais est-ce réellement une bonne nouvelle ? l’inflation pèse sur les salaires, et cette situation qui semble si profitable aux employés, risque de se retourner contre eux….

La demande d’emploi inférieure pour la première fois à l’offreLe marché du travail tourne à plein régime, avec des offres d’emploi record et beaucoup de migrations d’un poste vers l’autre. Pour les trois mois achevés en mars, le taux de chômage a reculé à 3,7% contre 3,8% fin février, portant le nombre de personnes sans emploi à 1,257 million de personnes, un chiffre qui est pour la première fois inférieur au nombre d’offres, soit 1,295 millions. Ce chiffre est au plus bas depuis 1974 et sous son niveau atteint juste avant la pandémie de Covid-19 a indiqué aujourd’hui l’Office national des Statistiques mardi.

Les salaires réels hors bonus baissent Le taux d’activité, quant à lui, augmente mais reste sous son niveau pré-Covid. “Depuis le début de la pandémie, environ un demi-million de personnes se sont complètement désengagées du marché du travail”, note Darren Morgan, de l’ONS. De plus, près d’un million de personnes ont changé d’emploi entre janvier et mars, plus à cause de démission que de licenciement : un autre signe que le marché de l’emploi britannique tourne à plein régime. Pourtant, les salaires réels hors bonus baissent. Toujours selon Darren Morgan, avec environ 1,3 million d’offres d’emploi, “il y a maintenant moins de gens au chômage que d’offres d’emploi, pour la première fois depuis que ces statistiques ont démarré”. Enfin, la croissance de la paie des employés en comptant les bonus a atteint 7% sur la période. Hors inflation, elle n’est qu’à 1,4%. Hors bonus, ( comprendre les métiers de la finance et dans le domaine de la construction), les salaires réels entre janvier et mars ont augmenté de 4,2% mais ont “diminué brutalement” hors inflation.

le resserrement de la politique monétaire Selon un article de Easybourse, Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, a déclaré qu’une baisse du niveau de vie était inévitable en raison de la flambée des prix de l’énergie, et qu’une demande généralisée d’augmentation des salaires profiterait aux travailleurs déjà en position de force sur le marché du travail. De plus, selon Danni Hewson, analyste chez AJ Bell, « *le nombre d’offres d’emploi pourrait pousser les entreprises à offrir des salaires plus élevés, ce qui alimenterait l’incendie inflationniste que la Banque d’Angleterre (BoE) essaye d’éteindre ».*D’un point de vue monétaire, selon un article du Figaro, cette nouvelle baisse du taux de chômage au Royaume-Uni ouvre la voie à un resserrement de la politique monétaire, ce qui galvanise la livre britannique qui grimpe ce mardi 17 mai face au dollar américain et à l’euro.

Danni Hewson

**Et pour la France ?**Du côté de la France, au lendemain de la nomination l’ancienne ministre du Travail, Elisabeth Borne, au poste de première ministre, les chiffres du taux de chômage du premier trimestre, publiés ce mardi par l’Insee, confirme la baisse engagée lors du précédent quinquennat. Le taux de chômage atteint ainsi son plus bas niveau depuis 2008, selon un article de La Tribune.