Artus Galiay, candidat Les Républicains aux législatives : “D’ici à la fin de mon mandat il y aura une autre compagnie ferroviaire sous la Manche.”
Article publié le 12 mai 2022. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Artus Galiay, candidat investi par le parti Les Républicains en lice pour les législatives de la 3ème circonscription des français de l’étranger, celle de l’Europe du Nord, nous parle de son parcours, de son engagement politique et de ses plans pour la relation entre la France et le Royaume-Uni.
Né à Auroville, sorte de cité idéale créé à la fin des années 60, Artus Galiay a vécu en Inde pendant 6 ans. Son 2ème prénom est d’ailleurs Balarama, illustre figure de la mythologie indienne et frère de Krishna. Il vit ensuite à Bruxelles pendant 12 ans dans une école européenne, avant de commencer ses études supérieures à Paris, où il rentre en hypokhâgne au lycée Henri IV. Il intègre Science-Po Paris et part faire sa 3ème année à Montevideo en Uruguay.
A peine de retour à Paris pour la première année de son master, il repart pour le Royaume-Uni et intègre la London School of Economics.
“Je suis un vrai français de l’étranger qui n’a jamais coupé le cordon avec la France, et si je suis élu en tant que député je m’engage à continuer à tisser des liens entre les pays de l’Europe du Nord et la France.”
Pris de passion pour la crise financière de 2008, qu’il qualifie de « tempête financière parfaite », événement considérable dont on ressent encore les répercussions aujourd’hui, Artus Galiay devient régulateur financier à la FSA, Financial Services Authority. En poste à la Banque d’Angleterre dans la stabilité financière pendant 5 ans, il passe ensuite 6 mois à Francfort lors d’un détachement à la Banque Centrale Européenne.
Début 2018 il entame une reconversion professionnelle et rejoint le cabinet de Xavier Bertrand en tant que conseiller Brexit. Président de la région la plus proche du Royaume-Uni, les Hauts-de-France, Xavier Bertrand avait besoin de quelqu’un qui connaisse la mentalité britannique.
Artus Galiay travaille avec un pied de part et d’autre de la manche pendant près de 3 ans, et fin 2020 Xavier Bertrand le nomme nouveau représentant de la région Hauts-de-France auprès du Royaume-Uni. C’est un poste qu’il occupe encore actuellement, au sein de North France Invest.
Il se charge de faire du damage control du Brexit, et passe beaucoup de temps au niveau de la frontière Franco-britannique.
Du coté politique, il prends sa carte UMP et 2011, et est rapidement nommé responsable local des jeunes puis élu délégué des républicains au RU en 2016 et réélu en 2018.
Très impliqué dans les campagne présidentielles en 2012 et 2017, en décembre de l’an dernier il obtient l’investiture des Républicains pour les élections législatives 2022 d’Europe du Nord.
“Je veux être le député de tous les français expatriés, et ce quelque soient les profils, qui sont extrêmement divers et avec de multiples facettes : c’est ce que je trouve passionnant, et qui peut amener énormément à la France dans tous les domaine. Je le vois sur le plan économique au quotidien car c’est mon travail, je suis un peu le VRP de l’économie régional auprès du Royaume-Uni et je me dis que finalement c’est exactement le rôle d’un député.”

Un mot sur la****circonscription
La 3ème circonscription des français de l’étranger comprend dix pays du nord de l’Europe, soit les îles Britanniques, les pays nordiques et les pays baltes : c’est une circonscription assez jeune et extrêmement vaste et diverse.
Elle est créée en 2008 par Nicolas Sarkozy, qui décide d’un redécoupage des circonscriptions législatives et de la création de sièges pour représenter les Français de l’étranger tout en gardant un nombre de 577 députés.
Artus Galiay, quelles seront vos priorités en tant que député ?
Je veux être le député de l’amitié franco-britannique, qui a été mise à mal par le Brexit et par Emmanuel Macron qui voyait là un excellent moyen d’illustrer sa vision politique simpliste du monde, entre gentils progressistes d’un côté et méchants nationalistes de l’autre. Une vision binaire qui ne résout aucun des problèmes de la France, et fait même monter les extrêmes.
En tant que député il faut être en première ligne, c’est ce qui permet de créer des opportunités de façon évidente mais aussi de créer des liens humains, économiques et business. Je n’hésiterai pas à mettre la France en avant comme destination d’investissements et d’exports : il y a des opportunités dans les deux sens.
C’est ce qui permet de créer de l’emploi en France et d’apporter notre pierre à l’édifice de la reconstruction et le redressement de notre pays.
Et comment se traduisent-elles en proposition dans votre programme ?
Ma principale proposition est la suivante : faire venir une nouvelle compagnie ferroviaire dans le tunnel sous la Manche ;
Je considère que le monopole de l’Eurostar a assez duré , d’autant plus que le monopole légal qui a été mis en place dans les années 90 pour attirer les investissements et finaliser la construction du tunnel a pris fin en 2010. Pourtant aucune compagnie n’est venue concurrencer l’Eurostar, c’est complètement absurde qu’il n’y ait qu’une compagnie ferroviaire entre Londres et Paris, Bruxelles ou Amsterdam. D’autant plus que la SNCF, actionnaire majoritaire de l’Eurostar a opéré une fusion avec Thalys et devrait s’étendre sur le reste de l’Europe du Nord.
Je pense que tous les français expatriés seront d’accord avec moi que les prix sont tout simplement excessifs et inacceptables. C’est une crise du pouvoir d’achat qui touche tout le monde.
En parlant de pouvoir d’achat, quelles sont vos propositions ?
Les deux principaux pôles de dépenses de mes concitoyens sont l’éducation et les transports : en tant que député je ne pourrai pas augmenter leurs salaires mais par contre je peux contribuer à la réduction du coût de leurs déplacements vers la France. C’est un objectif réaliste car comme on peut le voir en Italie, la concurrence en Italie a fait baisser les prix des billets de train de 30%.
Et pour le Royaume-Uni ?
Avec une telle baisse sur l’Eurostar, pour un français qui retourne 1 à 2 fois par mois à Londres, à la fin de l’année ça peut vite faire 1000 à 1500 euros à la fin de l’année. C’est exactement le rôle du député, d’activer les leviers publics et privés nécessaires pour permettre à une nouvelle compagnie d’investir l’Eurotunnel. Je n’ai entendu aucun autre candidat se pencher sur cette question, ce qui est absurde car c’est absolument essentiel.
Vous avez déjà un nom de compagnie en tête ? Plutôt Française, Britannique ?
J’ai déjà commencé à étudier le sujet en détail, à regarder quels sont les freins… Je suis en contact avec eux comme interlocuteur politique.
D’ici à la fin de mon mandat il y aura une autre compagnie ferroviaire sous la Manche.
Ce qui est important avec ce projet qui ne touche pas les français des pays nordiques ou baltes, c’est que je m’impliquerai avec la même énergie dans tous les projets.
Et pour l’autre pôle de dépenses supplémentaires qu’est l’éducation ?
Je compte créer des classes françaises qui seront intégrées aux lycées anglais et qui seraient bien sûr ouvertes aux petits français comme à leur camarades. Les classes FLAM ne sont pas suffisantes, de part leur nombre trop peu élevé, et leurs horaires d’ouvertures très restreints : le samedi. Tout le monde ne peut pas se permettre de faire étudier ses enfants au lycée Charles de Gaulle de Londres, ce qui suppose d’y habiter ou d’obtenir une bourse. Ce n’est pas compliqué de faire venir des professeurs français pour enseigner dans ses classes. Le lien avec la France des enfants qui ne parlent pas français à la maison ou que très peu à l’école s’affaiblit et je ne m’y résous pas. C’est valable pour toute la francophonie, que ce soit les suisses, la maliens, les belges… Je veux donc lancer 2 ou 3 projets pilotes.