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Actu franco-britannique

1984, une dystopie bientôt réalité à Londres ?

Anthony Guttuso,

Article publié le 30 octobre 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Archives Londres Magazine

Le nombre de caméras de sécurité augmente sans cesse à Londres. De plus, celles-ci peuvent désormais reconnaître d’elles-mêmes n’importe quel citoyen. De quoi craindre une société sous surveillance ?

Un demi-million. C’est le nombre hallucinant de caméras qui scrutent Londres tous les jours. Et il continue d’augmenter constamment. Pourquoi ? Principalement pour des raisons sécuritaires. Selon une étude d’Urbaneye, une organisation scientifique dirigée au sein du Technical University of Berlin, 78 % du budget du Home Office consacré à la prévention du crime en 1995 a été utilisée pour financer la mise en place de systèmes de vidéosurveillance dans les lieux publics. Et cette méthode a depuis fait ses preuves. Scotland Yard a en effet résolu 95 % de ses affaires d’homicides grâce à des enregistrements de CCTV. Mais si cette politique a porté ses fruits, de gros vers grouillent peut-être à l’intérieur tant les dérives potentielles font froid dans le dos…

De plus en plus de caméras

Avec une caméra pour 14 habitants attendue en 2020, la mise sous surveillance du Royaume-Uni est maintenant on ne peut plus fragrante. Aujourd’hui, un Londonien lambda serait filmé plus de 300 fois par jour… et rien ne dit que ces images ne soient pas plus utilisées dans l’avenir. Car la technologie évolue et les possibilités aussi.

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L’avancée majeure de ces dernières années concerne la reconnaissance faciale. Son utilisation dans la société chinoise a beaucoup indigné récemment en Occident. Le gouvernement s’en sert notamment pour attribuer une note à chaque citoyen, grâce à leurs bonnes ou mauvaises actions. Des droits en plus, en moins, ou des humiliations sur place publique… Voici ce qui attend les mauvais payeurs, ou ceux qui ne rentreraient tout simplement pas dans le moule. Alors, d’accord : le Royaume-Uni, ce n’est pas l’Empire du Milieu, certes. La technologie ne s’est cependant pas arrêtée à la frontière.

Certaines grandes enseignes et lieux culturels utilisent déjà la reconnaissance faciale. Le Barbican dispose en effet de caméras capables d’identifier seules des individus, en faisant le lien avec une base de données. Et ce n’est pas le seul exemple. Une start-up londonienne, Facewatch, a même fait de cette technologie sa spécialité et propose de tels systèmes de sécurité à ses clients.

Les aéroports et les forces de l’ordre rejoignent aussi peu à peu le mouvement. Si les premiers réfléchissent à remplacer le passeport par de la reconnaissance faciale, la police s’est déjà entraînée à utiliser ce nouvel outil. Et cela n’avait pas fait que des heureux.

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Des dérives à venir ?

Janvier 2019, des policiers se postent près de la gare ferroviaire de Romford, dans l’est de la capitale munis de ces caméras pour traquer des criminels en fuite dans la rue. Mais quid du consentement ? Car, du coup, personne n’a le choix et doit se faire filmer, à visage découvert qui plus est. Les passants au visage masqué ont été interpellés par les forces de l’ordre, qui les a ensuite obligés à repasser devant l’objectif.

Cette pratique n’en est qu’à ses débuts, certes, mais rien n’arrête le progrès. La perspective de la voir devenir la norme n’est cependant pas si folle que cela. Le council de Waltham Forest, situé au nord-est de la capitale, a déjà utilisé cette technologie sans le consentement de ses habitants, comme le rapporte The Telegraph.

Plusieurs questions se posent alors. Si la reconnaissance faciale, et donc l’identification des citoyens se déploie à grande échelle au Royaume-Uni, quid de l’anonymat ? De la protection des données privées ? De la notion de vie privée ? Et sur tout cela, Big Brother sait déjà quoi penser…