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Actu franco-britannique

Les élections européennes, une opportunité pour les expatriés européens ?

La rédaction,

Article publié le 23 mai 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Au Royaume-Uni, 3,7 millions d’habitants viennent des 27 autres pays de l’Union Européenne. A Londres, 1,2 millions d’expatriés sont originaires d’un de ces pays. Les élections européennes approchent et la confusion sur le futur de ces habitants reste en questionnement notamment après le discours de Theresa May.

Le Brexit, pour beaucoup d’expatriés a été une désillusion, le Royaume-Uni représentait l’endroit de tous les possibles, symbole de la mixité sociale. Mais tout semble être oublié suite aux récents événements. Le 23 mai 2019 auront lieu les élections européennes, pour une majorité des expatriés au Royaume-Uni. Certains y voient une opportunité d’annuler ce Brexit qui ne cesse d’être repoussé. Et s’interroge sur ce qu’il se passera pour eux s’ils souhaitent rester au Royaume-Uni… Lors du référendum de 2016, les 3,7 millions d’Européens installés au Royaume-Uni n’ont pas eu le droit de vote. Aujourd’hui, pour les élections européennes ils ont dû faire des demandes spécifiques et attesté qu’ils n’iront pas voter une deuxième fois dans leur pays d’origine.

Cependant toute cette histoire de Brexit a éveillé l’intérêt des habitants pour ce type d’élection, d’habitude pas très populaire.

La radio KL, un jeune média radio pour les français de Londres, créée en 2019 a décidé, en collaboration avec BulleMédia, d’expliquer l’enjeu à travers des podcasts audios nommés « Explique moi l’Europe ». Antoine Lheureux initiateur et présentateur de ce projet a décidé de collaborer avec Radio KL. Il entretient un rapport étroit avec l’Angleterre puisqu’il a travaillé avec le fondateur de radio KL, son lien avec l’Europe l’est d’autant plus, il s’explique : « j’ai étudié au collège d’Europe, qui est la plus grande école d’études européennes, j’y ai rencontré de nombreux anglais et c’est un pays que j’adore […] je suis passionné de radio mais aussi par ce processus de construction de l’union européenne parce que j’ai vécu en Angleterre, en Allemagne, là, je vis en Belgique, ai étudié en Pologne, évidemment en France donc je me sens de plus en plus européen et de mon point de vue il n’y a pas assez de couverture médiatique des activités de l’Union européenne [ …] les podcasts sont courts, pédagogiques, pour présenter de manière la plus claire possible, que tout type d’auditeur puisse comprendre mieux ce qu’est l’UE notamment à l’approche des élections ». Une initiative enrichissante pour tous.

Quelques expatriés installés début longtemps au Royaume-Uni ont formé des partis pour espérer être élus dans leur région de l’Angleterre et ainsi se battre contre le Brexit. Comme l’ont fait Sophie Larroque qui a fondé le UK EU party en déménageant de Londres pour venir s’installer à Wilmslow, ou encore Jan Rostowski qui a adhéré au parti Change UK dans l’East Midlands. Tous veulent le droit de vote pour les expatriés.

Jan Rostowski, ancien ministre des finances en Pologne et professeur d’économie à Sciences Po Paris mais natif de Londres, refuse de voir le Royaume-Uni sortir de l’Union européenne. S’engager au côté de Change UK est pour lui le moyen de lutter contre le Brexit avec une vision ouverte vers le futur. Il souhaite changer le système politique britannique pour que les habitants européens puissent voter à toutes les élections au Royaume-Uni. En effet, les Canadiens ont ce droit mais pas les expatriés européens. Change UK souhaite aussi instaurer un système politique avec une démocratie participative sur l’exemple de la Pologne, où les budgets sont gérés par les citoyens eux-mêmes.

Alors que restera-t-il de cet Eldorado pour autant de personnes après les élections européennes ?

Alizée Bouchet & Emma Lachevre