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Actu franco-britannique

Gavin Williamson licencié : l’ancien secrétaire de la défense dément les fuites de Huawei

Camille Delpech,

Article publié le 2 mai 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Archives Londres Magazine

Gavin Williamson a fermement nié avoir divulgué des informations du Conseil de sécurité nationale alors qu’une enquête de police a été demandée.

Mercredi 1er mai, la première ministre britannique, Theresa May, a licencié son ministre de la défense, Gavin Williamson. Elle l’accuse d’avoir divulgué des plans visant à permettre au géant chinois Huawei, de contribuer à la construction du réseau 5G du Royaume Uni.

M. Williamson aurait affirmé avoir été victime d’une « vendetta » et d’un « tribunal kangourou ».
Il a déclaré à Sky News qu’il “avait juré sur la vie de ses enfants” qu’il n’était pas responsable de la fuite.

Mais à quand remonte cette enquête sur la fuite ?

La fuite a commencé ce 23 avril dernier. Lorsque le National Security Council (NSC) s’est réuni la semaine dernière, avec à sa tête les représentants des principaux services de sécurité et une dizaine de ministres, la décision d’autoriser Huawei à contribuer à la construction du réseau 5G a été prise. Londres choisit donc de ne pas suivre Washington, qui elle a fait campagne avec acharnement auprès de leurs alliés pour empêcher Huawei de fournir la 5G pour des raisons de sécurité évidentes. Si le NSC n’est pas naïf sur les risques d’espionnage, il préfère tout de même une approche permettant au géant chinois de fournir des équipements périphériques.

Theresa May n’a rien annoncé officiellement à la suite de cette réunion, ce qui pose problème car dans les heures qui ont suivi la réunion du NSC, The Daily Telegraph a rendu publique l’information avec un degré de précision et de certitude qui permet de comprendre que la source remonte à l’un des participants.

Ce qui ne plaît réellement pas aux patrons des renseignements britanniques puisque les affaires sur la sécurité nationale demandent une impérative discrétion.

C’est donc lors d’une réunion avec M. Williamson mercredi soir dernier, que Theresa May lui a dit qu’elle disposait d’informations indiquant qu’il était responsable de la divulgation non autorisée.
De plus, dans la lettre confirmant son renvoi, la première ministre a déclaré : « No other credible version of events to explain this leak has been identified. » (« Aucune autre version crédible des événements pour expliquer cette fuite n’a été indentifié » ). C’est pourquoi le secrétaire à la Défense depuis 2017 a écrit qu’il était « confident » (« confiant ») qu’une « thorough and formal inquiry » (« enquête approfondie et formelle ») aurait « vindicated » (« justifié ») sa position.

[Publication intégrée : https://t.co/beAQiM8gyn]

“I appreciate you offering me the option to resign, but to resign would have been to accept that I, my civil servants, my military advisers or my staff were responsible : this was not the case,” (« J’’apprécie que vous m’ayez offert la possibilité de démissionner, mais démissionner aurait été accepter que mes fonctionnaires, mes conseillers militaires ou mes collaborateurs en étaient responsables : ce n’était pas le cas ») a-t-il déclaré.

Pour le moment M. Williamson est remplacé par Penny Mordaunt, jusqu’à présent ministre de l’Aide internationale, qui devient ainsi ministre de la défense du Royaume-Uni, première femme de l’histoire à endosser ce titre.