Le Natural History Museum de Londres, la cathédrale de la nature
Gratuit et ouvert tous les jours, le Natural History Museum est le plus beau bâtiment victorien de South Kensington. Ce qu’il faut y voir, de la baleine bleue de Hintze Hall à la façade sculptée d’animaux.

Gratuit, ouvert tous les jours, le Natural History Museum est d’abord un bâtiment : une « cathédrale de la nature » de terre cuite, où chaque colonne porte un animal. Venez pour la baleine bleue de Hintze Hall, restez pour la façade.
Le rêve de Richard Owen, « le Cuvier britannique »
À l’origine, les collections d’histoire naturelle s’entassaient au British Museum, à Bloomsbury. Le naturaliste Richard Owen, qui en avait la charge, fait campagne à partir de 1856 pour un bâtiment à part. Il obtient gain de cause en 1863, après quatre ans d’efforts, et réclame un lieu digne de ses collections : une « cathédrale de la nature ».
Owen avait un modèle français. Anatomiste de formation, il a rencontré Georges Cuvier en 1830 et assisté l’année suivante aux célèbres débats entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire. En 1839, il identifie à partir d’un seul fragment d’os un oiseau géant disparu de Nouvelle-Zélande, le moa. Le coup d’éclat lui vaut un surnom qui ne le quittera plus : « le Cuvier britannique ».
Une façade de terre cuite et un sculpteur français
L’architecte Alfred Waterhouse, né à Liverpool en 1830, reprend le projet après la mort de Francis Fowke. Il choisit le style roman et un matériau alors peu courant : la terre cuite, qui résiste mieux à la suie de la ville victorienne. Le musée ouvre le 18 avril 1881.
Levez les yeux avant d’entrer. Sur la façade et dans le hall, des centaines de plantes et d’animaux sont sculptés dans la terre cuite. Les modèles en argile ont été réalisés, d’après les dessins de Waterhouse, par un sculpteur français installé à Londres, connu seulement sous le nom de Dujardin. À la demande d’Owen, le décor a un ordre : les espèces disparues à l’est, les espèces vivantes à l’ouest. Cherchez le ptérosaure et le félin à dents de sabre d’un côté, les loups et les lions de l’autre.
Ce qu’il ne faut pas manquer
Hintze Hall. La nef centrale est l’image du musée. Depuis le 13 juillet 2017, on y voit Hope, un squelette de baleine bleue de 25,2 mètres suspendu en plongée. L’animal s’était échoué en Irlande, près de Wexford, en mars 1891 ; il a passé 81 ans dans la salle des mammifères avant de remplacer Dippy, le célèbre diplodocus. Son nom salue le retour de l’espèce, que l’on a crue condamnée par la chasse. Au plafond, 162 panneaux peints et dorés représentent des plantes.
Darwin, en haut des marches. Sur le palier du grand escalier, la statue de marbre de Charles Darwin par Joseph Edgar Boehm a été inaugurée en 1885. Retirée en 1927, elle a retrouvé sa place en 2008.
Dippy, le diplodocus. Le moulage en plâtre offert par Andrew Carnegie, à la demande d’Édouard VII, a été dévoilé en 1905. Il a accueilli les visiteurs de Hintze Hall de 1979 à janvier 2017, avant une tournée britannique de huit étapes suivie par plus de deux millions de personnes.
Pour qui, et quand
Le musée est gratuit, mais il est très fréquenté le week-end et pendant les vacances scolaires, avec parfois une file d’attente à l’entrée. Le musée conseille de réserver en ligne un billet d’entrée gratuit pour garantir l’accès. Les familles y trouveront de quoi occuper une demi-journée ; les amateurs d’architecture peuvent se contenter d’une heure, entre la façade, Hintze Hall et le grand escalier.
Trois entrées : l’entrée principale à l’angle de Cromwell Road et d’Exhibition Road, une entrée sur Exhibition Road, et celle de Queen’s Gate, ouverte jusqu’à 17 h. Depuis la station South Kensington, le passage souterrain piéton mène directement au musée, à l’abri de la pluie.
Le musée est l’une des étapes de notre journée à South Kensington, le quartier des musées et des Français de Londres.
Dans le quartier
South Kensington, le quartier des musées et des Français de Londres
Trois grands musées gratuits, l’Institut français, le lycée Charles-de-Gaulle et la librairie La Page : South Kensington est à la fois le quartier des musées et celui des Français. Son histoire, et une promenade de 90 minutes.
