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Culture francophone

La Côte d'Azur des peintres à la Royal Academy : billets, œuvres phares et prolongations gratuites

De Monet à Yves Klein, « Painting the French Riviera » réunit 160 œuvres à la Royal Academy jusqu'au 31 janvier. Prix, nocturnes, chefs-d'œuvre et bons plans.

La rédaction,

La façade de Burlington House, siège de la Royal Academy of Arts, sur Piccadilly
Yair Haklai, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Jusqu’au 31 janvier 2027, la Royal Academy of Arts raconte comment la lumière de la Côte d’Azur a transformé la peinture moderne, de Monet et Cézanne à Matisse, Picasso et Yves Klein. Plus de 160 œuvres, des nocturnes le vendredi et le samedi, et un petit air de vacances en plein hiver londonien.

Pour un Niçois ou un Marseillais exilé à Londres, la promesse est presque cruelle : retrouver le bleu de la Méditerranée sur Piccadilly, en pleine saison des journées à 16 heures de nuit.

Le propos : quand le Midi a fait l’art moderne

À partir des années 1870, le chemin de fer met la Méditerranée à portée de Paris et de l’Europe du Nord. Peintres, écrivains et aristocrates y fuient les villes industrielles grises et enfumées. L’exposition, conçue par la Royal Academy avec le Cleveland Museum of Art, suit ce mouvement sur près d’un siècle, jusqu’aux années 1960, quand la Riviera devient décor de cinéma et symbole du chic d’après-guerre.

Le parcours avance par étapes : Cézanne, enfant d’Aix-en-Provence, ouvre la voie, suivi de Renoir et de Berthe Morisot ; les pointillistes Paul Signac et Henri-Edmond Cross décomposent la lumière en points de couleur ; Matisse, Derain et Braque inventent le fauvisme à Saint-Tropez, Collioure et L’Estaque ; viennent ensuite Bonnard, Dufy, Picasso, Nicolas de Staël et, pour finir, Yves Klein. On croise aussi des étrangers venus chercher le soleil, comme Chaïm Soutine ou Max Beckmann, ainsi que des affiches de voyage, des guides anciens et des extraits de films hollywoodiens.

Détail de mise en scène relevé par la critique : les murs, d’un bleu méditerranéen profond dans la première salle, s’éclaircissent de salle en salle jusqu’au blanc de la dernière, consacrée au bleu de Klein.

L’exposition est signée Ann Dumas, commissaire à la Royal Academy, et Heather Lemonedes Brown, du Cleveland Museum of Art. Elle partira ensuite à Cleveland, du 14 mars au 11 juillet 2027.

Cinq œuvres à ne pas manquer, et d’où elles viennent

  • Claude Monet, Matinée à Antibes (1888), prêtée par le Philadelphia Museum of Art. C’est sur la Riviera, selon les commissaires, que Monet commence à travailler en séries.
  • Henri Matisse, Intérieur à Nice (chambre à l’hôtel Beau-Rivage) (1917-1918), également prêtée par Philadelphie. Le peintre disait avoir décidé de ne plus quitter Nice : il y passera presque tout le reste de sa vie.
  • Henri-Edmond Cross, Les Îles d’or, îles d’Hyères (vers 1891-1892), venue du musée d’Orsay. Ann Dumas y voit le chef-d’œuvre du peintre, presque une toile abstraite.
  • Raoul Dufy, Golfe-Juan (1927), prêtée par le McNay Art Museum de San Antonio, au Texas : la Riviera des Années folles en bleu franc.
  • Yves Klein, Anthropométrie sans titre (ANT 104) (1960), plus de quatre mètres de large. Le Niçois racontait avoir eu l’idée de son bleu, l’IKB, allongé sur une plage de Nice.

S’y ajoutent, entre autres, Bord de mer, sous les pins de Bonnard (1921, collection particulière), La Méditerranée de Maillol, Marine, L’Estaque de Braque (1906) et La Vallée de Sasso, Bordighera de Monet (1884).

Le bon moment pour y aller

Les nocturnes du vendredi et du samedi, jusqu’à 21 heures, sont les plus agréables, avec en prime une offre de la RA ces soirs-là : un verre de rosé de Provence ou de champagne à 12 £, ou un café et une madeleine à 8 £, sur présentation du billet. Comptez une heure et demie pour la visite. La Royal Academy programme aussi autour de l’exposition des projections de films tournés sur la Riviera, d’À propos de Nice de Jean Vigo à La Baie des Anges de Jacques Demy et Bonjour tristesse.

Pour aller plus loin, gratuitement ou presque

L’exposition donne envie de prolonger. Quelques œuvres de ces peintres visibles à Londres, vérifiées au 11 octobre 2026 :

  • Tate Modern, entrée gratuite : L’Escargot (1953), grand papier découpé des dernières années niçoises de Matisse, et Le Café (1915) de Bonnard, tous deux dans les salles « In the Studio ». En revanche, l’IKB 79 de Klein, propriété de la Tate, n’est pas exposé en ce moment.
  • National Gallery, entrée gratuite : Colline en Provence de Cézanne, salle 44, avec d’autres Cézanne dans les salles 44 et 45.
  • Courtauld Gallery, payante (14 £ à 16 £, gratuite pour les 18 ans et moins) : la Montagne Sainte-Victoire au grand pin de Cézanne, l’une des œuvres phares de la collection.
  • Et pour le XVIIIe siècle français, la Wallace Collection, gratuite elle aussi.

Pratique

Painting the French Riviera, Royal Academy of Arts
Main Galleries, Burlington House, Piccadilly, W1J 0BD (Green Park ou Piccadilly Circus)
Du 2 octobre 2026 au 31 janvier 2027
Du mardi au jeudi et le dimanche de 10 h à 18 h, le vendredi et le samedi de 10 h à 21 h ; fermé le lundi
De 24 £ à 26 £ (26,50 £ à 28,60 £ avec don) ; gratuit pour les Friends of the RA ; moitié prix pour les 16-25 ans inscrits (gratuitement) au programme « 25 & Under » ; tarif réduit pour les visiteurs handicapés, accompagnateur gratuit
royalacademy.org.uk