Étudier au Royaume-Uni : ce que la crise des universités change pour un étudiant français
Un tiers des universités anglaises en déficit, frais internationaux, visa étudiant, Graduate Route raccourcie : les règles et les chiffres avant de s’inscrire.

Plus d’un tiers des universités anglaises sont en déficit, faute d’étudiants étrangers en nombre suffisant. Pour un étudiant français sans statut de résident, l’enjeu est surtout le coût (frais internationaux, visa, santé) et la solidité de l’établissement choisi, qui se vérifie en quelques clics.
Ce que disent les chiffres
L’Office for Students (OfS), le régulateur de l’enseignement supérieur en Angleterre, a publié son rapport annuel le 14 mai 2026 : 36 % des établissements anglais ont fini l’année 2024-2025 en déficit, et 43 % prévoyaient un déficit pour 2025-2026. La principale fragilité tient aux étudiants étrangers, dont les frais financent une bonne part du système.
Or leur nombre baisse. Le Home Office a enregistré, sur les sept premiers mois de 2026, 11 % de demandes de visa étudiant en moins qu’un an plus tôt, selon le Guardian. Pour les Européens, la chute est plus ancienne : d’après la HESA, l’agence des statistiques de l’enseignement supérieur, les inscriptions d’étudiants domiciliés dans l’Union européenne reculent depuis 2020-2021 et ont encore baissé de 16 % en 2024-2025. Ils ne représentent plus qu’environ 2 % des effectifs.
Le tableau n’est pas uniforme. En licence, les candidatures internationales déposées via l’UCAS, le guichet national des admissions, ont au contraire progressé de 7,1 % au 30 juin 2026, à 148 350. La baisse touche surtout les masters : l’OfS relève des effectifs de troisième cycle nettement inférieurs aux prévisions des universités.
Les frais : « home » ou « international »
Depuis le 1er août 2021, un Français qui commence ses études au Royaume-Uni paie en règle générale les frais « internationaux », sauf s’il remplit les conditions du statut « home ». Pour cela, il faut en principe être settled au premier jour de l’année universitaire, ce qui inclut le statut obtenu au titre de l’EU Settlement Scheme, et résider au Royaume-Uni depuis trois ans. C’est l’université qui détermine ce statut ; en cas de doute, demandez-lui une évaluation écrite avant de confirmer votre inscription.
- Frais « home » : plafonnés à 9 790 £ par an (environ 11 550 €) pour une licence à temps plein commencée en 2026-2027.
- Frais « international » : fixés par chaque université, cursus par cursus, et nettement plus élevés. Le seul chiffre fiable est celui de la fiche du cursus visé. Certaines universités, comme UCL, garantissent un tarif constant pendant toute la durée des études : demandez-le.
Les coûts du visa étudiant
Sans statut de résident, il faut un visa étudiant (Student visa) :
- 558 £ de demande (environ 658 €) ;
- 776 £ par an de surcharge santé (Immigration Health Surcharge, environ 916 €), qui donne accès au NHS ;
- la preuve de ressources : 1 529 £ par mois, sur neuf mois au plus, pour des études à Londres (environ 1 804 €), 1 171 £ ailleurs.
Après le diplôme : la Graduate Route raccourcie
Le visa Graduate permet de rester travailler après un diplôme britannique. Sa durée change au 1er janvier 2027 :
- deux ans pour une demande déposée au plus tard le 31 décembre 2026 ;
- dix-huit mois pour une demande déposée à partir du 1er janvier 2027 ;
- trois ans pour un doctorat.
Il coûte 937 £ de demande, plus la surcharge santé au tarif général de 1 035 £ par an. Un étudiant qui commence une licence en septembre 2027 relèvera donc du régime de dix-huit mois.
Le prélèvement sur les étudiants internationaux
Le gouvernement a publié le 13 juillet 2026 le projet de loi créant un prélèvement de 925 £ par étudiant international et par an (environ 1 091 €), dû par les établissements d’Angleterre à partir du 1er août 2028. Il est payé par l’université, pas par l’étudiant ; le texte ne dit pas si les universités le répercuteront sur leurs tarifs. Son produit doit financer des bourses d’entretien pour les étudiants britanniques défavorisés.
Vérifier la solidité d’une université
- Le registre de l’OfS : un établissement anglais inscrit au registre est soumis au contrôle financier du régulateur. Pour l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande du Nord, les règles et les régulateurs sont différents.
- Le student protection plan : chaque établissement inscrit doit en publier un, approuvé par l’OfS. Il dit ce qui arrive si un cursus, un campus ou l’université ferme : poursuite des études ailleurs ou indemnisation. Lisez-le avant de vous engager.
- Les comptes annuels : les universités publient leurs états financiers. Un déficit isolé n’est pas alarmant ; des déficits répétés, une trésorerie qui fond ou un plan de suppressions de postes le sont davantage.
- Le cursus lui-même : demandez au département si la formation est maintenue pour toute la durée de vos études, et surveillez les annonces de fermeture de cursus.
Pratique
Statut des frais : House of Commons Library, home fee status
Visa étudiant : 558 £, GOV.UK, Student visa
Surcharge santé : 776 £ par an pour un étudiant, GOV.UK
Graduate Route : deux ans jusqu’au 31 décembre 2026, dix-huit mois ensuite, GOV.UK, Graduate visa
Registre et protection des étudiants : OfS Register, student protection plans
Règles et tarifs vérifiés sur GOV.UK et auprès de l’OfS le 11 octobre 2026. Conversions au taux de référence de la BCE du 9 octobre 2026 (1 £ = 1,18 €).