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Culture francophone

Un jour, une humoriste #2 : Farah, la Belge espiègle engagée

La rédaction,

Article publié le 1 mai 2018. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Lundi 23 avril, quatre humoristes belges performaient sur la scène du Comedy Store. La rédaction de Londres Mag les a rencontrés avant le spectacle, a adoré le show et a décidé de vous proposer une mini-série de leurs portraits. Deuxième session avec Farah.

#ChacunSonPalaisDeJustice

C’est ma vraie première fois à Londres, ça faisait longtemps que j’avais envie de venir et je suis passionnée d’Histoire, Elisabeth Ière… Dès que je suis arrivée ici, j’ai couru à Westminster, Big Ben et Buckingham. Je suis très déçue que Big Ben soit tout entouré… Mais c’est bien, cela va me permettre de faire une vanne sur Instagram en disant qu’à chacun son palais de justice en travaux. Parce qu’en Belgique, le palais de justice l’est aussi, mais depuis avant ma naissance, soit plus de 30 ans.

Double vie, pour une future mamie ravie !

Je travaille toujours à la banque et je fais beaucoup de télétravail. A 30 ans, je me suis dit : allez, soyons fous ! J’ai fait un parcours classique : études universitaires, diplôme, je suis propriétaire… Mais il me manquait un truc. J’ai vu une annonce le week-end de mes 30 ans pour une académie, le Kings of Comedy. Puis, en effet boule de neige et les gens étant très proactifs dans ce milieu, j’ai joué 10 minutes, 15 minutes, 20 minutes, puis un spectacle… et puis Londres ! Ma devise, c’est qu’un jour je serai vieille et incontinente et qu’il faut lui donner plein de souvenirs, à cette petite dame incontinente avec ses chats.

Se coacher les neurones

Je pense qu’aujourd’hui, ce n’est plus possible de simplement jouer dans des théâtres. Il faut être présent sur les réseaux sociaux, soit faire de la télévision, soit faire de la radio. C’est inhérent quand on veut être humoriste et avoir de la visibilité. Si les gens ne vous connaissent pas, pourquoi ils iraient vous voir ? Et puis, pour moi, comme l’écriture est un muscle, l’exercice des chroniques à la radio m’obligeait à écrire toutes les semaines et j’ai beaucoup appris sur moi et ce que je voulais dire sur scène.

[Publication intégrée : https://www.instagram.com/p/Bh-AdgslYEG/]

“Faire rire pour faire évoluer les mentalités”

J’ai pris le pas de parler de mes opinions politiques et sociétales sur scène, effectivement. Je ne suis pas là pour jouer la Che Guevara de l’humour non plus, c’est juste qu’il y a des thèmes dont j’ai envie de parler. J’ai par exemple un sketch sur les menstruations où j’explique qu’il y a un gros tabou. Je suis issue d’un mariage multiculturel mais je n’avais pas envie de tomber dans l’humour communautaire où je dis que je ne savais pas aligner deux mots en français, que j’étais pauvre et que j’étais dans une cité. J’ai envie de dire autre chose. Parce que parfois, l’humour de la facilité renforce les stéréotypes et je ne le voulais pas. Je n’aime pas mettre des gens dans des cases. Même si la personne ne va pas changer d’avis — ce n’est pas mon but, chacun a le droit d’avoir ses opinions — elle se sera posée la question pendant quelques minutes et elle se sera dit : peut-être qu’effectivement il y a un souci. C’est plutôt offrir un autre point de vue. Après, on le prend ou on ne le prend pas.

[Publication intégrée : https://www.instagram.com/p/BiAS1ABFIh6/]

© Cypriane El-Chami