Alice à Paris : Quand l’enfant londonien s’habille en « made in France »
Article publié le 8 mars 2018. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

La renaissance 2.0 d’une marque française grâce à la ténacité d’Agathe Blanquart
Agathe Blanquart a débarqué à Londres il y a 13 ans. “J’ai toujours voulu vivre en Angleterre pour apprendre la langue et pour l’expérience, je rêvais même de me marier avec un Anglais quand j’étais petite”, rit la Normande de 37 ans. Si elle n’a pas épousé un Lord, elle a bel et bien réalisé son souhait de vivre outre-Manche. A la fin de leurs études, avec son petit copain devenu depuis son mari, ils ont sauté le pas. A son arrivée, elle décroche un “graduate program” chez Shell. Elle gravit les échelons, passant de chef de produit à chef de marque puis à global category manager. Heureuse dans sa vie et dans son job, Agathe n’a jamais eu envie de repartir. “On devait rester deux ans, puis on a eu deux enfants, et Londres nous plaît toujours autant”. Shell aura fait partie de sa vie professionnelle durant plus de 10 ans. “C’est une super entreprise, j’ai adoré y travailler. Mais cela faisait déjà quelque temps que j’avais envie d’entreprendre”.
“Alignement des planètes”
Fan d’Alice à Paris, marque de vêtements pour enfants (du 3 mois au 12 ans), depuis la naissance de son aîné en 2009, elle entend dire en 2015 que les propriétaires seraient sur le point de vendre. Tout débute un an plus tôt. Alors qu’avec son époux et son garçon, Agathe, enceinte, se trouve à l’Île Maurice en vacances, elle tombe nez-à-nez avec une femme qui connaît bien la marque portée par son fils : normal, sa sœur en est la créatrice. Destin ou hasard ? Celle qui voulait se lancer dans l’entreprenariat a trouvé son idée. Elle se met en lien avec la propriétaire. “Je lui ai dit que je partais en congé maternité pour sept mois. J’avais donc du temps devant moi, que la marque pourrait bien fonctionner au Royaume-Uni”. Un entretien, des négociations, mais finalement aucune suite. Agathe retourne chez Shell. En 2015, “certainement dû à un alignement de planètes”, elle fait une nouvelle rencontre lors de vacances à Miami. “Je retombe par hasard sur la soeur de la créatrice d’Alice à Paris, qui m’annonce que l’entreprise va fermer”. Elle entre à nouveau en négociation. Et cette fois, ça marche. “La marque n’a pas cessé son activité à cause de problèmes financiers, mais de raisons personnelles. C’est très important : ce n’est pas la même chose de reprendre une marque qui a coulé ou d’en reprendre une qui connaît le succès”. Son plus gros challenge aura certainement été de rappeler aux clients qu’Alice à Paris n’a pas disparu. “Il n’y a plus de boutiques, mais on vend en ligne et on livre partout dans le monde, y compris au Royaume-Uni”. Agathe s’est entourée d’une petite équipe, dont une styliste et un développeur/webmaster. Elle veut perpétuer l’esprit de cette ligne parisienne. “Elle possède de véritables atouts, dont le rapport qualité/prix. C’est une marque de créateur à un prix raisonnable”. Et parce que la jeune femme aime voir grand, “mais sans prétention”, elle réfléchit à (r)ouvrir une boutique à Paris.
Pratique
La chef d’entreprise, qui ne regrette pas son choix 14 mois après avoir repris l’activité, propose des coupes simples, pratiques et confortables, dans un esprit casual chic. “Chez Alice à Paris, il y a tous les styles, mode ou classique, sans être extravagants”. La marque, aujourd’hui référencée par La Redoute, se plie en quatre pour répondre aux demandes et exigences de ses clients.