Julio Le Parc à la Tate Modern : la lumière d'un Parisien d'adoption
Miroirs, lumières mouvantes et installations à manipuler : la Tate Modern consacre une grande rétrospective à Julio Le Parc, pionnier de l'art cinétique installé à Paris depuis 1958. Jusqu'au 3 mai 2027.

On entre dans une exposition de Julio Le Parc comme dans une fête foraine silencieuse. Des lames de métal tournent en renvoyant la lumière, des sphères scintillent, des boîtes lumineuses dessinent au mur des formes qui ne tiennent jamais en place. La Tate Modern lui consacre jusqu’au 3 mai 2027 une grande rétrospective, Light. Colour. Action., qui couvre sept décennies de travail, de la fin des années 1950 aux années 2020.
Un Argentin de Paris
Né en Argentine en 1928, Julio Le Parc s’installe en France en 1958 et n’en repart plus. Il appartient à la scène parisienne bouillonnante des années 1960, celle de l’art cinétique et des recherches sur l’optique et le mouvement, tout en gardant des liens forts avec l’Amérique latine. C’est à Paris, dans son atelier, qu’il a conçu l’essentiel des œuvres prêtées à Londres : plusieurs viennent directement de l’Atelier Le Parc.
L’art qui demande au visiteur d’agir
L’idée qui traverse toute l’exposition est simple : l’œuvre n’existe vraiment que si le public s’en mêle. Le Parc voulait un art plus démocratique, que chacun peut comprendre sans mode d’emploi, et dans lequel regarder, bouger, se déplacer devient une manière de faire vivre l’œuvre. Ses sculptures cinétiques jouent avec la lumière, le mouvement et les surfaces réfléchissantes pour surprendre le spectateur et l’attirer dans le dispositif.
Le parcours ne se limite pas aux grandes installations. Il montre aussi des toiles géométriques de grand format et des œuvres sur papier où l’artiste teste des combinaisons de couleurs et des effets d’optique. La critique britannique a salué une exposition joyeuse et familiale : c’est l’une des rares de la saison où les enfants ne s’ennuient pas.
Pour qui, et quand
Les familles ont rendez-vous le 28 octobre pour une visite guidée qui leur est réservée. Les visiteurs qui préfèrent le calme peuvent choisir les Relaxed Hours, de 10 h à 11 h le troisième mardi de chaque mois, pour une visite plus tranquille.
La galerie George Economou, qui accueille l’exposition, est ouverte en nocturne jusqu’à 21 h le vendredi et le samedi. Un conseil : venez en fin de journée en hiver, quand il fait nuit dehors, les lumières de Le Parc n’en sont que plus fortes.
Les 16-25 ans paient 5 £ au lieu de 15 £ grâce au programme Tate Collective. Et pour compléter la journée, deux autres expositions sont à l’affiche de la Tate Modern : Frida : The Making of an Icon, jusqu’au 3 janvier, et Ana Mendieta, jusqu’au 17 janvier.
Pratique
Julio Le Parc : Light. Colour. Action.
Tate Modern, Bankside, SE1 9TG (Southwark ou Blackfriars)
Jusqu’au 3 mai 2027
10 h - 18 h du dimanche au jeudi, 10 h - 21 h le vendredi et le samedi
15 £, tarif réduit 13 £, 5 £ pour les 16-25 ans inscrits à Tate Collective, gratuit pour les membres
tate.org.uk