Interview Ludovic Coutaud, clown francophone de passage dans les pages de Londres Mag
Article publié le 9 mai 2019. Les informations qu'il contient peuvent avoir changé depuis.

Ludovic Coutaud est un acteur français à Londres mais également à New York, Mexico et Marseille. Clown de profession, il fait à présent partie de nos collaborateurs entertainement. Venez à la rencontre du nouveau rédacteur musicals et culture de votre magazine préféré.
Acteur, metteur en scène, producteur, comment te définirais-tu ?
Bonne question ! Et bien comme un grand curieux ! J’aime tous les éléments de mon métier et j’apprends encore énormément chaque jour. Je dirais que je me sens une âme de clown dans un corps de metteur en scène épaulé d’un très bon ami producteur qui organise le tout. Fou, non ? Les trois fonctions sont complémentaires pour moi et je m’amuse à jongler entre toutes, de même pour l’écriture.
Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Les gens sans aucun doute. Je reste constamment à l’écoute et à l’affût des moindres détails du comportement humain. Les différentes cultures rendent tout cela encore plus unique. Je dois avouer que la société d’aujourd’hui ainsi que mes rencontres me fascinent et m’inspirent. J’adore poser de multiples questions à des étrangers comme à mes amis ou quelquefois simplement me mettre en retrait pour tout regarder. C’est génial !
Crédit photos ©Camille Brayer
Pourquoi as-tu décidé de devenir expatrié ?
Décidé, je ne sais pas. Je n’emploie jamais ce mot pour être honnête. Je me sens citoyen du monde ! À New York, j’ai eu la chance d’avoir le soutien de mes parents pour pouvoir rejoindre le programme conservatoire de la New York Film Academy. Il m’a fallu du temps avant de me sentir entièrement intégré. J’aime à croire que j’étais pendant sept ans un Marseillais à New York, un clown à New York tout en apprivoisant la ville. Comme les gens, le monde entier aussi m’attire, je souhaite continuer de voyager avec mon Art pour en apprendre davantage.
A New York ou à Mexico, comment te sens-tu ambassadeur d’une culture ?
New York est maintenant comme un terrain de jeu même si la ville n’a jamais été un vrai coup de cœur. Les rencontres, toutefois, ont été les moments les plus inoubliables et restent toujours extrêmement présents dans ma mémoire, où que je sois. Je me sens en effet, fier de ma culture et fier d’être français. Je n’ai pas manqué de me vanter de toutes nos qualités et de mentionner les défauts (rire étouffé). Le Mexique, à Mérida où j’ai un peu vécu et les gens avec qui je travaille sont une autre affaire. Ce que j’apprécie le plus c’est leur capacité à être plutôt détachés de tout et quand même efficaces. Leur humilité et leur talent font de moi un producteur associé ravi de faire partie de leur équipe. Encore une fois, je suis là aussi curieux d’en connaître plus sur le métier dans un autre contexte. Mes liens avec ces deux villes restent complémentaires et j’en suis reconnaissant.
Crédit photos ©Camille Brayer
Pourquoi avoir choisi le métier de clown ?
Et bien, aussi longtemps que je m’en souvienne, mes professeurs à l’école me comparaient à un clown. Et oui ! Plus tard, mes intérêts artistiques, sans le vouloir étaient de près liés aux spectacles d’expression corporelle dont le mime, la clownerie, la danse etc. Je suis admiratif des artistes qui peuvent transporter un public sans dire un seul mot. Ils me réconfortent et me font rêver. J’ai donc naturellement pensé au clown.
Comment le développer dans l’heure de la communication digitale ?
Assez efficacement j’ai envie de vous répondre. C’est génial pour plein de raisons puisque cela me permet de rester en relation avec toutes les destinations qui ont découvert le Lunatic Clown. C’est le nom du Clown aux plusieurs visages. Grâce à Instagram et mes amis photographes, les aventures colorées peuvent être suivies de jour en jour. Les différentes fonctions amenées par la technique du clown peuvent être développées de façon spontanée et unique selon les demandes que je reçois et mes désirs aussi.
[Publication intégrée : https://www.instagram.com/p/BvekWDkBOgV/]
Tu donnes aussi des cours de clown. Que veux-tu partager avec tes élèves?
Oui en effet ! Je souhaite mettre en avant des valeurs qui me tiennent à coeur et qui représentent ma compagnie par la même occasion : Lunatic Clown And Cie. La nature, l’écoute, la communication, l’égalité, l’expression, l’excentricité sont quelques premiers mots pour en citer certains qui définissent l’essence de la compagnie et de ses membres. En enseignant le style ‘Lunatic Clown’, je revendique et mets en avant les élèves dans un environnement simple et sincère à tout point de vue. Disponible pour tous les âges, je découvre les beautés de l’Art à travers les yeux de jeunes amateurs, professionnels ou de participants motivés.
Une adresse préférée à Londres ? Un quartier ?
Pas vraiment. Vous allez me trouver redondant mais lorsque je viens je tiens absolument à voir mes amis avant tout. Puis sortir au théâtre au moins une fois si ce n’est deux. Enfin, grâce à Londres Mag, je reste au courant des bons plans nécessaires et me cultive sur les nouveautés du moment.
Crédit photos ©Camille Brayer
Si tu devais organiser un dîner à Londres avec des personnalités vivantes ou mortes, qui inviterais-tu ?
Oh! Intéressant. Laissez-moi réfléchir. Je sais! Charlie Chaplin, Stan Laurel, Oliver Hardy, Imelda Staunton, Miriam Margolyes. Trois morts et deux vivantes, mais certainement cinq clowns à mes yeux. On irait pique-niquer dans un parc ou simplement manger à ‘The Queens’ à Primrose Hill et je m’occuperais de l’addition. Je sais que ce n’est pas le quartier le plus abordable mais bon, un ami du coin m’en a parlé et je nous verrais bien tous les cinq à parler de la vie. Dis donc, elle fait parler cette question en fait. (Sourire nostalgique).
Quels sont tes prochains projets ?
Alors alors! La saison 2 de ma série web ‘Lunatic Clown in Colors’, disponible sur YouTube. D’autres articles pour la New York Film Academy pour qui j’écris aussi. Plusieurs lieux pour des photos du Lunatic Clown comme Bruxelles, Lisbonne ou Madrid avec de l’enseignement sur Madrid normalement. Envoyez moi des ondes positives!
Crédit photos ©Camille Brayer